POUVOIR DE VIVRE
3 novembre 2020

L'accord UE – Mercosur est mort, les ministres européen du commerce doivent l'enterrer.

 Je vous le disais le 7 octobre ici : grâce au travail des écologistes au Parlement européen et à la pression citoyenne, le Parlement européen a clairement exprimé son opposition à la ratification de l'accord UE-Mercosur sous sa forme actuelle. 

La semaine prochaine ? Rendez-vous lundi 9 novembre : les ministres du commerce de l’Union Européenne se réunissent pour discuter de cet accord. Bien loin de prendre acte du vote du Parlement, de l’opposition des citoyen.ne.s européen.ne.s et des crises sanitaires et climatiques actuelles, ces ministres devraient au contraire tenter de le sauver. Une aberration tant cet accord commercial va à l’encontre des politiques ambitieuses qu’il faut mettre en place immédiatement pour lutter contre la crise climatique.


 LE MERCOSUR, C’EST QUOI EXACTEMENT ?  Le Mercosur, « Marché commun du Sud », est une communauté économique qui regroupe 4 pays d’Amérique du Sud : l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. En 1991, en signant le traité d’Asunción, ces 4 pays se sont accordés sur la mise en place progressive d’un marché commun impliquant, entre autres :

  • la libre circulation des biens, des services et la suppression des droits de douane 

  • l'établissement d'un tarif extérieur commun et l'adoption d'une politique commerciale commune vis-à-vis des États tiers ou de groupes d'États tiers 

  • la coordination des politiques macroéconomiques et sectorielles entre les États membres (commerce extérieur, commerce agricole, industriel, fiscal, monétaire...) 

  • etc...


Le Mercosur, qui représente 82% du PIB de l’Amérique du Sud, est le 3è bloc économique mondial. Rien d’étonnant, donc, qu’un accord de libre-échange se négocie depuis près de 20 ans avec l’Union européenne. Les négociations ont abouti à un accord le 28 juin 2020. Le problème, pour nous écologistes, c’est que cet accord est dangereux : pour le climat, pour la nature, pour les services publics, pour les agriculteurs, et ce, des deux côtés de l’Atlantique. C’est ce que nous dénonçons depuis des années ! 

L’arrivée à la tête du Brésil d’un président d’extrême droite qui entend surexploiter l’Amazonie et détruire les peuples autochtones ; la crise climatique qui impose de revoir nos modes de consommation et de consommer le plus possible localement pour limiter les transports de marchandise ; la crise sanitaire actuelle, qui souligne les effets néfastes de la mondialisation et des atteintes à l’environnement sont autant de raisons supplémentaires de rejeter cet accord.

LUNDI 9 NOVEMBRE : les ministres européens du commerce, branchés sur leurs vieux logiciels, vont essayer de ranimer un accord moribond. C’est inacceptable. En tant que député européen, je continuerai à m’y opposer. Et j’encourage l’ensemble des citoyen.ne.s à continuer de manifester leur opposition pour que cet accord soit définitivement enterré en faveur d’une coopération plus soutenable avec ces pays d’Amérique du sud.

Je soutiens également la coalition internationale d’organisations mobilisées contre l’accord UE-Mercosur, coalition qui appelle les collectivités locales à s’engager via la campagne « Non à l'accord UE-Mercosur - Oui à la Relocalisation écologique et solidaire ». L'objectif est à la fois :

  • augmenter la pression afin que l'accord UE-Mercosur soit purement et simplement abandonné

  • œuvrer à ce que la politique commerciale européenne soit revue en profondeur.

DAMIEN CAREME

Député Européen Verts / ALE**,
Président de l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants.

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