Notes
personnelles

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personnelles

Ce que j’ai envie de dire, d’écrire et de montrer. Le récit que nous avons à construire ensemble se structure via des mots et des images essentiel.le.s. A retrouver ici.

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  • Les points de situation

Lexique

  • Quinzaine après quinzaine, la newsletter décrypte les mots qui comptent. A retrouver ici.
Humilité //

Autre chose est possible, non ? Parions. Choisissons. Osons. Créons une autre histoire, car nous sommes toutes et tous d’accord : il faudra apprendre de cette crise qui sans nous demander notre avis entrelace ses racines aux nôtres. Il faudra apprendre, et retenir, avec humilité. Humilité devant la nature, humilité dans nos relations avec elle et avec les êtres humains. Humilité d’apprendre de nos erreurs, donc, et de changer pour de bon. Humilité devant la connaissance, devant ce que nous pouvons apprendre des autres. Humilité, ce mot dont l’étymologie latine dérive de humilis, humus : près du sol, bas. Pas de hasard. Une des clés dont nous avons besoin se trouve dans le sol, celui qui par sa résilience - celle que nous devons lui accorder, peut nous aider à mieux cultiver ce qui nous nourrit. Plutôt que l’individualisme exacerbé, nous pouvons choisir d’améliorer, d’arrondir, de semer, d’apprendre et d’avancer. Nous améliorer, ensemble. Améliorer les conditions de notre vie, sans abandonner personne. Avec humilité, restons proches et regardons objectivement la situation dans laquelle nous sommes.

Lien //
Toutes les journées portent leur poids de batailles. Néanmoins, celles que nous vivons aujourd’hui sont lestées d’une charge supplémentaire, invisible mais décisive : l’affranchissement. C’est lourd. C’est vertigineux. C’est perceptible dans chacune de nos inspirations. L’affranchissement, ça pèse le poids du courage, de la volonté, de la décision. Il s’agit de nous libérer des liens que nous ont infligés le capitalisme et les libéraux en nous imposant leur vision du monde. Il s’agit de nous libérer de l’égoïsme et de l’individualisme, subséquents aux modes de vie qui nous ont été imposés. Lien,quatre lettres à peine pour un mot sans limite. Quatre lettres pour un mot clé, un mot libérateur, un mot aux multiples définitions. En matière de terre, de cultures, « lien », c’est la naissance, la vie qui revient. Précisément, c’est la petite tige d’une « plante ou de certaines essences forestières qui, en raison de l’élasticité de leurs bois, peuvent être utilisées comme liens » (d’après Forest. 1946). Les quatre lettres deviennent alors cinq, preuve que la vie, quand on la laisse tisser des liens heureux, grandit et fortifie. Hans Jonas, philosophe allemand, écrivait « seul l’homme peut se rendre responsable de l’homme. » Décryptage : « la valeur d’un écosystème est relative aux vivants qui l’habitent et il n’est rien d’autre que cet enchevêtrement d’habitacles, qui sont autant d’expression de ces centres de valeur que sont les vivants. »* Pour se libérer, coupons les liens toxiques et cultivons en de nouveaux. Bien vivants et heureux.
Courage //

Il s’impose aujourd’hui : on le porte comme une cape, sans autre alternative dans le monde tel qu’il tourne pour l’instant. C’est lui qui habille les « Invisibles », l’armée de l’ombre, toutes celles et tous ceux qui depuis des semaines prennent soin de nous en première ligne pendant que nous sommes confiné.e.s. C’est lui qui leur permet de tenir, aux Invisibles, c’est lui aussi que chacun.e d’entre nous se souhaite inlassablement depuis des jours : courage ! Et pourvu qu’il soit « bon ». Courage, donc. Le mot porte la rage et l’urgence. C’est une armure pour celles et ceux qui travaillent à faire tourner notre quotidien. Et nous ? Nous avons tout à gagner à être contaminé.e.s par ce virus-là : le courage doit être contagieux. Transmettons-le nous. Allons-y franchement. Nous en avons besoin. C’est lui qui peut créer l’énergie nécessaire au bouleversement de nos habitudes. C’est lui qui peut nous donner la force de passer une bonne fois pour toutes et sans demi-mesure, à un nouveau cycle. Dans un article du journal Le Monde de l’été 2018*, la philosophe Cynthia Fleury disait : « il existe une approche historique du courage où ce dernier est effectivement exceptionnel, porteur d’un commencement. C’est le sens profond de la rupture : commencer une nouvelle histoire, celle de la liberté, celle de la justice, celle de l’amour. Non pas la rupture pour la rupture. Le courage est ainsi le moteur d’une entrée dans le monde, une façon de faire lien avec les autres. » Du lien. De l’humanité. De la solidarité. De l’empathie. L’étymologie indique que le mot « courage » vient du mot « cœur ». Il n’y a pas de hasard.

Solidarité + conditionnalité + respect //

Le vote, vendredi dernier au Parlement européen, de la résolution sur le Plan de relance et surtout de reconstruction (!) post covid19, est une étape majeure et une source d’espoir. Il entérine une victoire massive du groupe des Verts / ALE au Parlement européen et constitue une réponse puissante aux chefs d’État et de gouvernement qui, lors de leur dernier Conseil, n’avaient pas trouvé d’accord et avaient chargé la Commission européenne de faire une proposition dans le cadre du budget pluriannuel de l’Union. Mission accomplie. Cette étape essentielle appelle un éclairage particulier : plusieurs mots sont donc à passer à la loupe, pour bien comprendre l’action et les enjeux. S O L I D A R I T E “Rapport d’interdépendance entre les choses » : en 1789, c’est ainsi que Mirabeau définit le terme. Tout est lié, tout se soutient et tout fonctionne ensemble. Mai 2020 : cette notion, inscrite dans l’ADN même de l’Europe, doit être au cœur de la réponse économique aux drames engendrés par la crise du coronavirus. Il faut soutenir les pays qui en ont le plus besoin. Il faut une solidarité financière européenne. C O N D I T I O N N A L I T E On aurait pu écrire “garde-fous”. Le plan proposé par le Parlement envisage de libérer 2000 milliards d’euros : il n’est pas question que cet argent soit distribué façon chèque en blanc. La résolution votée met donc en avant l’impérieuse nécessité de conditionner l’utilisation des fonds. L’argent débloqué doit soutenir et protéger la reconstruction selon une ligne éthique et environnementale irréprochable. La boucle ainsi créée doit être vertueuse. Très concrètement, pas question par exemple de soutenir l’exploitation des énergies fossiles, ou les entreprises non transparentes ou liées à des paradis fiscaux. R E S P E C T C’est l’incontournable base : la rappeler s’avère loin d’être inutile par les temps qui courent. Oui, le Parlement européen, les représentant.es élu.es du peuple ont leur mot à dire. Le fait de valider cette résolution du 15 mai à une écrasante majorité impose une pression sur les discussions à venir entre les chefs d’État et de gouvernement. C’est une piqure de rappel magistrale : celle de la démocratie.

Externalités //

Lorsqu’Ursula von der Leyen prend la parole, en milieu de journée ce mercredi 27 mai dans l’hémicycle du Parlement européen, à Bruxelles, l’atmosphère est étonnante. La Présidente vit son moment de gloire, on le sent au ton qu’elle adopte, à sa gestuelle, on l’entend aussi aux mots qu’elle choisit. Elle énonce. Elle annonce. J’entends. Nous entendons. Il est question d’ « historique » et de « plus grand plan vert jamais osé », il est question de 750 milliards d’euros dont 500 milliards sous forme de subventions et 250 milliards sous forme de prêts. A l’issue de son intervention, je réagis : « Madame la Présidente, la solidarité européenne est indispensable face à cette crise sans précédent. La mutualisation des aides et le respect du Parlement sont donc bienvenus. C’est une avancée majeure. J’aurais même pu la qualifier d’historique si elle avait été plus ambitieuse. Si nous avions des garanties concrètes d’avancer sur le chemin d’une véritable transformation de nos économies, de la transformation écologique. Sans risque que l ’on reprenne le chemin d’avant, celui de la fuite en avant ! »Pour cela ? Une clé. Imparable. E X T E R N A L I T E S : C’est LA notion qui permet de comprendre pourquoi il faut être plus ambitieux, et pourquoi il faut maintenant, tout de suite, prendre des décisions qui permettent de changer radicalement et massivement nos façons de faire, nos façons de vivre ensemble. Lesexternalités, c’est la donnée qui, à la façon d’une chaussette que l’on retourne, crée du positif – on parle dans ce cas de bénéfices – ou du négatif. En quelques sorte, les externalités, c’est le filtre de vérité que chacun.e de nous devrait s’approprier pour enfin s’affranchir des dogmes. Exemple. Les externalités négatives du diesel, qui dans l’imaginaire collectif coûte peu, sont démesurées : pollution de l’air +++, maladies, coût pour la santé démesuré, morts engendrées. A contrario, l’hydrogène vert, lui, semble – je dis bien semble ! - coûter plus cher, alors qu’en réalité, si l’on prend en compte ses externalités, il coûte bien moins cher à la société. Aujourd'hui on meurt de l’air que l’on respire. On craint l’eau que l’on boit. On s’intoxique de ce que l’on mange. « Relancer » le monde d’avant, c’est choisir l’inaction. Et choisir l’inaction, c’est nous condamner tou.te.s à subir encore le cercle vicieux des externalités négatives. Changeons de chemin, soyons à la hauteur.

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Livres

  • Ce que j’ai publié.

On ne peut rien contre la volonté d’un homme

2016, (avec Maryline Baumard, éd. Stock)

Audios

  • Du son, des prises de position, à partager.

REVEIL PARTISAN

Un cri commun pour se rassembler.

Il y a eu des tribunes, des prises de paroles diverses et variées. Il y a eu des appels, des lettres ouvertes. Depuis ce début de mars 2020, nous avons crié, nous avons appelé. Nous voulons l’après. Pas seulement le jour d’après, mais l’ère d’après. Nous sommes prêtes, nous sommes prêts.

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DAMIEN CAREME

Député Européen Verts / ALE**,
Président de l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants.

Biographie
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